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Quelle puissance (BTU) de thermopompe pour ma maison ?

Mis à jour le 9 octobre 2026 · 5 min de lecture

« Il me faut combien de BTU ? » C'est souvent la première question d'un projet de thermopompe, et la réponse la plus fréquente, un chiffre par pied carré, est aussi la plus trompeuse. Une thermopompe trop petite vous laissera au froid en janvier ; trop grosse, elle coûtera plus cher, s'usera plus vite et climatisera mal. Voici comment la bonne puissance est déterminée, et ce que vous devez vérifier dans une soumission.

BTU, tonnes et kilowatts : les unités

La puissance d'une thermopompe s'exprime en BTU par heure (BTU/h) : c'est la quantité de chaleur qu'elle peut apporter (ou retirer, en climatisation) en une heure.

  • 1 tonne = 12 000 BTU/h : une thermopompe « 2 tonnes » fait 24 000 BTU/h ;
  • 1 BTU/h ≈ 0,293 watt : 12 000 BTU/h représentent environ 3,5 kW.

Attention : la puissance affichée sur l'appareil (par exemple « 24 000 BTU ») est une valeur nominale. Par grand froid, une thermopompe produit moins de chaleur que sa valeur nominale. C'est sa capacité réelle à -15 °C ou -25 °C qui compte pour l'hiver québécois.

Pourquoi la superficie ne suffit pas

Deux maisons de même superficie peuvent avoir des besoins de chauffage très différents. La puissance nécessaire dépend surtout :

  • de l'isolation des murs, du toit et du sous-sol ;
  • des fenêtres (nombre, taille, orientation, qualité) ;
  • de l'étanchéité de la maison (fuites d'air) ;
  • de la hauteur des plafonds et du volume à chauffer ;
  • du climat de votre ville : les besoins de chauffage sont nettement plus élevés à Saguenay qu'à Montréal (voir la page de votre ville dans notre section Villes).

C'est pourquoi la puissance doit être déterminée par un calcul de charge : au Canada, la méthode de référence est celle de la norme CSA F280, sur laquelle s'appuie le guide de dimensionnement de Ressources naturelles Canada. Elle calcule la chaleur perdue par la maison par grand froid (la « charge de chauffage de conception ») et la chaleur à retirer l'été (la « charge de refroidissement »), pour votre maison et votre localisation.

Au Québec, le chauffage commande

Dans la plupart des maisons québécoises, la charge de chauffage est bien plus élevée que la charge de climatisation. Dans un exemple du guide de Ressources naturelles Canada, une maison demande environ 49 600 BTU/h de chauffage à -20 °C, mais seulement 23 600 BTU/h de climatisation l'été : plus du double.

C'est tout l'enjeu du dimensionnement :

  • En climatisation, la capacité de la thermopompe doit rester proche du besoin : la pratique courante vise 100 à 125 % de la charge de refroidissement. Une thermopompe beaucoup trop grosse refroidit vite mais déshumidifie mal et fonctionne par cycles courts.
  • En chauffage, la capacité totale de tous les systèmes installés (thermopompe et chauffage d'appoint) doit couvrir au moins 100 % des pertes de chaleur de la maison par grand froid.

En clair : la thermopompe est choisie pour bien faire son travail la majeure partie de l'année, et le chauffage d'appoint (plinthes, fournaise électrique ou fournaise au combustible) complète par les froids extrêmes. Les thermopompes à vitesse variable conçues pour le grand froid permettent de mieux concilier les deux, car elles modulent leur puissance.

Le point d'équilibre

Plus il fait froid, plus la maison perd de chaleur et moins la thermopompe en produit. La température où les deux courbes se croisent s'appelle le point d'équilibre : au-dessus, la thermopompe chauffe seule ; en dessous, l'appoint prend le relais.

Un point d'équilibre bas (par exemple -15 °C ou moins) signifie que la thermopompe assure l'essentiel du chauffage annuel, car les heures très froides sont relativement rares. C'est souvent le meilleur indicateur pour comparer deux soumissions : demandez-le à l'installateur. Pour bien combiner thermopompe et appoint, voir notre guide thermopompe et système hybride (biénergie).

Trop petite ou trop grosse : les conséquences

Thermopompe…Ce qui se passe
Trop petiteElle tourne à fond par temps froid, l'appoint travaille souvent et la facture grimpe ; l'été, elle peine à rafraîchir les journées chaudes
Bien dimensionnéeElle couvre l'essentiel du chauffage annuel, l'appoint n'intervient que par grand froid, le confort est stable toute l'année
Trop grosseAchat plus cher, cycles courts qui usent l'appareil, climatisation moins confortable (air froid mais humide), parfois des conduits trop petits pour son débit d'air

Murale, multizone ou centrale : la puissance se répartit autrement

  • Murale : une seule unité intérieure chauffe une pièce ou une aire ouverte. La chaleur circule mal vers les pièces fermées : une murale chauffe rarement toute une maison à elle seule.
  • Multizone : une unité extérieure alimente plusieurs unités intérieures. La puissance de chaque unité intérieure doit correspondre à la pièce qu'elle chauffe, et celle de l'unité extérieure à l'ensemble.
  • Centrale : la thermopompe utilise les conduits existants. Sa capacité doit aussi respecter le débit d'air que ces conduits peuvent transporter.

Une première estimation, puis le calcul de l'installateur

Notre calculateur de prix et de subvention donne une estimation indicative selon votre superficie, votre type de système et le climat de votre ville. C'est un bon point de départ pour connaître votre budget, mais jamais un substitut au calcul de charge de l'installateur, qui tient compte de votre maison réelle.

Les questions à poser à l'installateur

  1. Avez-vous fait un calcul de charge (méthode CSA F280) pour ma maison, ou estimé la puissance à la superficie ?
  2. Quelle est la capacité de chauffage du modèle proposé à -15 °C et à -25 °C ?
  3. Quel sera le point d'équilibre, et quelle part de mon chauffage annuel la thermopompe assurera-t-elle ?
  4. Quel chauffage d'appoint est prévu, et comment se fera le basculement ?
  5. Le modèle exact est-il admissible à LogisVert ? L'aide se calcule selon la capacité de chauffage à -8 °C (voir notre page Subventions).

En résumé

La bonne puissance de thermopompe ne se déduit pas de la superficie : elle se calcule. Au Québec, c'est le chauffage qui commande : la thermopompe doit bien couvrir la climatisation (100 à 125 % du besoin) et l'essentiel du chauffage, avec un appoint pour atteindre au moins 100 % des pertes de chaleur par grand froid. Comparez les soumissions sur la capacité réelle par grand froid et sur le point d'équilibre, pas seulement sur les BTU affichés. Pour un premier budget, essayez notre calculateur.

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